Je trouve très bien qu'à l'école on nous apprenne les périodes sombres de nos passés. Je suis plus réservée quant aux jours fériés et aux hommages plus-que-fortement médiatisés qui leur sont consacrés tout au long de l'année. Si c'est vraiment pour que l'on n'oublie jamais...

Il est cependant une Histoire qui s'écrit aujourd'hui, avec son triste lot d'épisodes dramatiques, de peuples qui souffrent et de libertés bafouées. Une Histoire sur laquelle nous avons peut-être encore le pouvoir d'agir.

" “Afghanistan. Pays lointain, en guerre, dont tout le monde se fout. Ou presque... Dans le tumulte d’images et de sons du monde moderne, tenir une caméra a-t-il encore un sens ? Lorsque j’ai commencé ce film, il y a 16 ans, je ne me posais pas la question. J’allais rencontrer des hommes remarquables dont le commandant Massoud. Pas des héros de pacotille, ni des produits de marketing comme on nous en fabrique tant aujourd’hui. J’ai rassemblé les traces de cette singulière aventure pour survivre à tout ce bluff qui nous entoure... et pour quelque chose de plus précieux que je vais vous confier”.
Ce sont les premières paroles de ce film commencé en 1981, dans la clandestinité de la guerre d’Afghanistan. J’y raconte l’histoire de deux solitudes et de deux combats : celle d’un chef de guerre, héros charismatique de la résistance afghane, lorsqu’elle tenait tête à l’armée soviétique, et la mienne, celle de celui qui filme et s’interroge. Témoigner oui, mais dans quel désert ?
En 90 minutes, l’histoire se raconte égrenant les étapes du destin d’un 'héros' et d’un cinéaste dont le regard parvient sans doute à plus de maturité. Aventure tragique.
Reste qu’un film, pour moi, sera toujours un fil, fragile certes, mais qui nous lie les uns, les autres. Et si des 30 films que j’ai déjà réalisés celui-ci interpelle, j’aurai l’impression que ce que nous faisons, à filmer les hommes, a encore quelque utilité... ".

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Crédit Photo ? - Source : Arte

Résumé par Christophe de Ponfilly, de son documentaire "Massoud, l'Afghan".
Source :
InterScoop, agence de presse.

J'ai découvert jeudi soir ce documentaire, diffusé sur Arte en hommage à Christophe de Ponfilly, décédé il y a quelques jours. Moi je dis que ce genre de témoignages devraient être diffusés à l'école dans tous les cours d'histoire et sans attendre qu'ils appartiennent à l'histoire de nos passés.
Méchant hasard du zapping, après l'émission, je suis tombée sur des images du festival de Cannes et de son rituel tapis rouge. J'en ai eu la nausée...