"A partir de 1961, les multinationales de l'agrochimie se sont jetées comme des loups sur les semenciers. En l'espace de 30 ans, elles ont acheté quasiment un millier de semenciers de l'hémisphère nord [...].

L'état français s'est octroyé le droit de légiférer et de contrôler le monde des semences. Soi-disant pour la protection du consommateur, mais avant tout pour la protection des multinationales [...]. Au jour d'aujourd'hui, 5 multinationales contrôlent 75% de la semence potagère planétaire [...], la première étant le fameux Monsanto. La deuxième, c'est Syngenta [...] fusion de Novartis et d'Astrazeneca. Novartis n'est que la fusion de Ciba-Geigy et de Sandoz, les deux plus grands pollueurs du Rhin.

Ces grosses boîtes de la chimie se concentrent, changent de nom, prennent des gérondifs latins avec de belles consonances [...]. On bricole les mots et comme l'humanité a la mémoire courte, on oublie que ces mêmes personnes [...] ont participé à l'empoisonnement de l'humanité depuis un siècle et [...] étaient là au moment de la première et de la deuxième guerre mondiale [...]. Si tu contrôles la chaîne alimentaire, tu contrôles l'Homme. Pour contrôler la chaîne alimentaire, tu contrôles la semence [...] et tu contrôles tout [...].

La nature de la semence génère un type d'agriculture. Ca veut dire que si tu veux faire de l'agro-écologie, des méthodes douces [...], il faut utiliser des semences qu'on appelle "à pollinisation ouverte", qui sont la plupart du temps des semences anciennes. Donc, par opposition, un hybride F1 (clone hétérozygote)* va générer une agriculture "captive", qui ne peut fonctionner qu'avec un package technologique, les biocides : pesticides, herbicides, insecticides, toute la famille des "cides" qui veut dire "détruire", étymologiquement parlant".

Dominique Guillet,
Président de l'Association Kokopelli, pour la Libération des Semences et de l'Humus,
extrait du DVD "Le Titanic Apicole", tome 1 de la Collection TitanicAgricole.

*Hybride, clone hétérozygote : "de tels clones [...] ne conservent pas leurs caractères d'une génération à la suivante. En d'autres termes, ils perdent dans le champ de l'agriculteur les caractères qui avaient incité ce dernier à les acheter. Le semencier sélectionneur réalise ainsi son objectif : séparer la production, qui peut rester entre les mains de l'agriculteur, de la reproduction, qui devient son monopole. L'agriculteur doit alors racheter chaque année les semences [...] qu'il cultive".

Introduction par Jean-Pierre Berlan, Directeur de Recherches INRA,
de la 8ème édition augmentée de "Semences de Kokopelli"

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