Je me suis beaucoup rapprochée de ma mère ces derniers mois. Oui, nous communiquons, vraiment. Il m'aura fallu franchir la barre de la quarantaine et certaines épreuves de la vie pour toucher du doigt ce début de sincère lucidité. Je le regrette et j'envie ceux à qui cette rassurante indulgence, cette sereine empathie, cette réconfortante réconciliation, arrive bien plus tôt. J'écris "la mère", comme je pourrais écrire "le père", 'l'oncle" ou "le proche". Liens du sang ou pas. Celui qui a élevé. Celui qui a vu grandir. Celui qui s'est inquiété. Celui qui a partagé et ressenti sans rien dire. Celui qui a vu, qui a pardonné et qui fait ce que nous sommes aujourd'hui. Celui qui aime. Ainsi va la vie. Passé, présent, futur ne font qu'un. Juste une histoire d'influence, au sens noble du terme. Une influence qui libère. Une pause dans le temps où il fait bon de se demander si nous avons fait mieux.

PS : texte susceptible d'évoluer ou de disparaître.

Il m'aura fallu faucher les blés, apprendre à manier la fourche,
pour retrouver le vrai, faire table rase du passé,
la discorde qu'on a semé, à la surface des regrets, n'a pas pris.
Bashung, Fauque - "Angora"