Je sais nombreux les sujets d'indignation et les combats à mener. Qu'ils soient humanitaires, sociaux ou environnementaux. Certains pensent qu'il faut gérer, subjectivement, les priorités. Je pense plutôt que tout est lié.
Il n'est certes pas concevable d'imaginer ne plus s'alimenter, se réchauffer, se déplacer. Mais les voies sur lesquelles nous sommes engagés sont des impasses, à court ou moyen terme. Il est grand temps que toutes les têtes pensantes en prennent conscience. En attendant que chercheurs, ingénieurs, décideurs... changent d'orientation et nous proposent enfin des solutions raisonnables et altruistes, notre seul pouvoir reste de manifester de plus en plus souvent, de plus en plus nombreux, notre volonté d'un monde meilleur et respectueux de tous et de tout. Ce grand tout : la planète et toutes les espèces qui y cohabitent.
De quoi s'agit-il exactement aujourd'hui ? Tout est dans l'article de Fabrice Nicolino, ici reproduit. Il faut lire attentivement, il faut mesurer, à une autre échelle que le diamètre de nos petits nombrils, les conséquences. Il faut savoir également qu'il est ici question de notre territoire géographique français, mais la menace pèse dans plusieurs pays et la catastrophe sanitaire et écologique s'est déjà produite dans d'autres (voir notamment ce qui se passe en Amérique du Nord -> documentaire en 7 parties de 15-20 mn <-).

Une pétition de combat (sur les gaz de schiste)
Publié le 11 janvier 2011 - Blog de Fabrice Nicolino

"La bataille contre l’exploitation des gaz de schistes en France commence. Il y a une pétition. Je n’accorde pas une importance démesurée aux pétitions, mais je viens de signer celle dont le texte figure ci-dessous, que je lance avec José Bové et une poignée d’amis. L’objectif n’est pas d’attraper quelques signatures, mais de faire déferler des milliers, des dizaines, des centaines de milliers de volontés. Et c’est pourquoi je vous demande avec solennité de signer et de faire circuler ce texte. À lui seul, il n’est rien. Mais si on le voit comme un début - c’est mon cas -, il peut et doit servir de socle. Utilisez vos carnets d’adresse. De la première à la dernière. Nous sommes face à la barbarie dans toute sa splendeur morbide. Ils veulent achever le travail si bien commencé, et détruire ce qui reste encore hors de leur portée. Je vous le dis comme je le pense : il faut se lever. Tous, et très vite. Compte tenu des enjeux, ce texte restera en ligne quelques jours sur Planète sans visa. En avant !

Gaz de schiste : non merci !

Sans aucune information, sans aucune consultation, le gouvernement français  a offert, à des sociétés nationales et étrangères le droit d’explorer le sous-sol français à la recherche de gaz et de pétrole de schiste.
La technique pour ramener le gaz à la surface est nouvelle, délicate et surtout, désastreuse sur le plan environnemental. La «fracturation hydraulique horizontale», consiste à provoquer des failles à l’aide d’un liquide envoyé à très forte pression, pour libérer le gaz et le pétrole pris dans la roche compacte, à environ 2000 mètres de profondeur. Trois «ingrédients» sont nécessaires pour créer ces mini séismes : des quantités phénoménales d’eau (entre 15 000 et 20 000 m3), des produits chimiques (plus de 500) pour attaquer la roche et des micro-billes pour maintenir ouvertes les failles.
Aux Etats-Unis, le bilan de l’extraction de ces énergies fossiles est catastrophique : pollution massive des nappes phréatiques et de l’air, destruction des paysages et de milieux naturels, etc. Leur exploitation, en France, conduirait inéluctablement aux mêmes dégâts ainsi qu’à des émissions accrues de gaz à effet de serre, alors même que notre pays s’est engagé à les diviser par quatre.
Les autorisations de prospection sur plus de 10% du territoire ont été accordées sans débat sur les besoins énergétiques à moyen et long terme, sans discussion sur la nécessité de lutter contre le gaspillage, rechercher une meilleure efficacité énergétique et les alternatives renouvelables.
Pour toutes ces raisons, nous exigeons un débat public avec la société civile, les élus locaux et nationaux, pour dresser un inventaire complet des conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sociales de cette «nouvelle folie industrielle».
C’est pourquoi nous demandons un gel immédiat des prospections et la suspension des permis de recherche de gaz et pétrole de schiste sur l’ensemble du territoire français".

Coordination des collectifs pour un moratoire sur la prospection du gaz de schiste.

-> l'article <-    -> la pétition <-

Pour info : Total a le droit de fouiner sur un immense territoire entre Montélimar, avec une bonne partie du Gard, et le nord-ouest de Montpellier. GDF-Suez et la compagnie américaine Schuepbach Energy se partagent un permis en Ardèche et un autre – dit de Nant - qui couvre plus de 4 000 km2 entre Saint-Affrique et Le Vigan, en passant par le Larzac et la périphérie du Parc National des Cévennes.

-> la carte des permis accordés <-  (par Marion Boucharlat pour owni)
Infos techniques : -> article owni.fr <-