Et bien voilà, nous y sommes. Le grand jour du Réveillon. Et je ne comprends toujours pas pourquoi je n'arrive pas à partager cet entrain que nous sommes supposés tous ressentir. Des sentiments partagés, presque une corvée, une obligation qu'il faut remplir, coute que coute. Alors je pense...

Je pense à ces belles soirées en famille, partagées il y a bien longtemps lorsque j'étais enfant, je me rappelle les maisons décorées, lumineuses, les chocolats, les fruits secs, les cachoteries, les cadeaux déposés, nombreux, sous le sapin. Je me souviens de l'attente, les yeux rivés sur la pendule, et nos parents, aussi impatients que les petits, et le père noël qui passait toujours bien avant l'heure.

Je pense à ceux qui auront trop sur la table et à ceux qui n'auront pas assez.
Je pense au jeune homme qui fait la manche avec son chien, que je croise tous les soirs en rentrant du boulot, je pense à la pièce que je lui donnerais plus tard, puisque, aujourd'hui, je ne travaille pas.

Je pense à la neige, que je ne vois plus trop, depuis que je vis dans le sud.
Je pense à tous ces êtres chers disparus, à tous ces amis perdus de vue.
Je pense à mon amoureux qui est à des centaines de kilomètres de moi et j'espère que c'est la dernière année que nous sommes séparés.
Je pense à zolie-maman qui a dû recevoir le beau bouquet.
Je pense à la nouvelle génération qui doit trépigner dans la voiture, sur la route pour de longues heures, je pense au plaisir que ces petits me donneront en recevant leurs cadeaux.

Et je pense... que je possède l'essentiel, que je suis libre, que je peux m'exprimer.
Je pense au temps qui passe, aux regrets qu'il ne faut pas avoir et que, pour toutes ces bonnes raisons, je dois ouvrir mon coeur à la joie.